• Un laboratoire d’exploration / L’outil hypnotique

Catherine Contour conçoit l’exploration comme une « œuvre ouverte ».
Elle crée de nombreux dispositifs d’exploration tels les Plates-formes d’expérimentation, les Polaroids avec le 22 mai, Herbe-classe-chantier avec l’école d’art de Blois, Friche en août – Institut sauvage (Université d’été), Zoo au zoo de Montpellier, des laboratoires dans des lieux d’enseignement et de création artistique (Aubervilliers, Lyon, Grenoble, Montpellier, Paris…) avec de bourses de recherche du ministère de la culture en 2002, 2005, 2010, 2016, du Centre chorégraphique national de Montpellier en 2007, de l’Institut français en 2014 et bénéficie du soutien de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2017 pour le laboratoire Bains.

Depuis les années 2000, elle élabore l’outil hypnotique pour la création. Outil et procédures qu’elle partage dans des contextes variés selon trois axes :

  • L’outil hypnotique dans le champ de la danse
  • L’outil hypnotique pour les créateurs dans tous les domaines
  • L’outil hypnotique pour tous.

En 2017 elle met en place un laboratoire mobile d’exploration-création intitulé Bains, pour y développer une pratique chorégraphique inédite et ses modalités de transmission. Elle expérimente également l’hypnose comme un « nouveau media »*

Bains - Un laboratoire mobile d'exploration-création

Bains est un laboratoire nomade initié par Catherine Contour pour explorer les possibilités artistiques et pédagogiques de la technique hypnotique amplifiée de connaissances empruntées à divers arts du mouvement. Il rassemble depuis 2016 une équipe d’artistes-chercheurs, d’enseignants-chercheurs et des partenaires.

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Cette exploration conjugue :

  • une recherche sur le corps et le mouvement dans une approche énergétique, sur la notion de geste intentionnellement non-volontaire et sur Danser brut, de nouvelles modalités d’écriture chorégraphique en relation avec un travail sur le son et la parole avec l’hypnose
  • une recherche sur des formes et formats de créations qui interrogent la relation au site et à l’assistance.
    Chaque Bain est coloré par le lieu et le contexte dans lesquels il s’inscrit. Des temps d’ouverture permettent d’expérimenter en présence et de partager questions et découvertes.

L’élaboration de l’outil hypnotique se poursuit également en dehors des Bains dans de nombreux champs sous forme d’accompagnements et de transmissions.

L'outil hypnotique pour la création

Pour développer cette recherche Catherine Contour bénéficie de l’Aide à la recherche du Centre national de la danse en 2011 et des soutiens de la Fondation Royaumont et de la Gaîté lyrique/Paris dont elle est artiste-associée en 2013-2014 pour le cycle Danses augmentées. Elle y crée Plongées en dix épisodes mensuels. En 2016, avec l’aide de la Direction générale de la création artistique, relayée depuis 2017 par la Direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes, elle met en place Bains-Laboratoire de recherche-création nomade qui rassemble une équipe d’artistes et d’enseignants-chercheurs. En 2018, l’un de ces Bains se déroule au Lam-Musée d’art moderne et d’art brut à Villeneuve d’Ascq au sein de l’exposition Danser brut. Avec l’accord de ses commissaires (Savine Faupin et Christophe Boulanger), ce titre désigne depuis sa pratique d’écriture chorégraphique avec l’outil hypnotique.

Catherine Contour – « De la technique hypnotique à l’outil hypnotique en quelques étapes »

Catherine Contour rencontre l’hypnose à la fin des années 90 alors qu’elle poursuit mon apprentissage de techniques énergétiques et plus particulièrement du Zhi Neng Qi Gong auprès de Zhou Jin Hong et du Dr Jean Becchio. À partir de 2002, elle se forme graduellement à la technique hypnotique auprès de ce dernier. Elle entreprend une exploration de ses possibilités artistiques et pédagogiques et élabore un outil spécifique pour la création. Une recherche au long cours qui irrigue une communauté de plus en plus large d’artistes et de chercheurs de générations et de champs variés.

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Planche d’étude Photo Danse avec hypnose - Catherine Contour 2011

Catherine Contour - Une étape de la recherche, 2018.

Quand la transe est dans l’air du temps, comment la transe hypnotique peut-elle enrichir la pratique du danseur, ouvrir de nouvelles voies à l’écriture chorégraphique et aider à penser des dispositifs de mise en relation de la danse avec ses spectateurs ?
Quels gestes, quels rituels pour accompagner cette pratique laïque ? Quelles formes artistiques dans lesquelles la transe hypnotique ne soit ni démonstration, ni objet mis en scène mais une expérience esthétique partagée par une communauté éphémère en résonance avec un milieu ?
Ce sont quelques-unes des questions qui traversent ce travail avec les danseurs et autres chercheurs associés.

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Les différents Bains ont permis de poser les bases d’une technique qui utilise l’outil hypnotique dans une approche énergétique du corps et du mouvement. Elle s’appuie sur l’activation de la transe hypnotique à partir d’une mobilisation de l’imagination très ancrée dans le corps et orientée vers la mise en mouvement et la danse (J’opère certains rapprochement avec le Butô et fais des liens avec différentes pratiques somatiques). Cette activation se fait sous forme d’accompagnements par la présence et la parole. Ses accompagnements prennent la forme de scénarios ouverts et adaptés. L’expérience, vécue ainsi par chacun de manière singulière et en co-présence, active le corps à différents niveaux (conscients et non-conscients) pour les danses à venir. Envisager ces scénarios à travers la notion de « partition » et en préciser les composantes, constitue l’un des points abordés dans la recherche. Autres points : Les différentes manières d’intégrer-incorporer les expériences traversées lors de ces accompagnements et leur mode de combinaison par strates successives. Le développement du processus hypnotique chez les danseurs génère des qualités de corps et de présence d’une grande réceptivité dans une sensorialité fine et amplifiée qui favorise l’émergence de mouvements non-volontaires, diverses formes de résonance, de contamination des impulsions et des affects, entre danseurs et avec les spectateurs - rebaptisés baigneurs ou plongeurs dans ces formes immersives -. Il s’agit d’observer, dans les différentes étapes de la préparation et dans le moment de mise en jeu en présence d’une assistance, ce qui favorise leur déploiement, quelles résonances génèrent cette situation et ce qui est en jeu. 

* Pascal Rousseau « La disposition du corps – L’hypnose comme média chorégraphique » dans « Une plongée avec Catherine Contour – Créer avec l’outil hypnotique, édition Naïca, 2017.

Catherine Contour recours depuis une quinzaine d’années à l’hypnose dans sa pratique chorégraphique. Elle tente, par ce biais plutôt inattendu mais attentif à l’économie du geste dans le rapport au monde et aux autres, de renouveler l’expérience de la danse en convoquant les vertus créatives du « processus hypnotique ».

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L'outil hypnotique pour tous

Pascal Rousseau et Catherine Contour dans « Danser sa vie avec l’outil hypnotique », 369 éditions, 2019.

L’outil hypnotique est un instrument d’émancipation par la mise en mouvement. Le mouvement est paradoxalement ce qui semble manquer aujourd’hui, dans une société qui préconise la mobilité mais fixe toujours plus ses conditions restreintes d’aménagement. Le souhait formulé ici serait que cet outil participe à l’éveil de ces « corps critiques », dont l’historienne et performeuse Laurence Louppe souligne l’action « d’ouverture d’horizons inédits ». Que cet outil stimule leur imagination créatrice qui ne demande qu’à se déployer à diverses échelles, individuelles et collectives, comme un geste de vigilance et de résistance. Aux nouvelles cultures de l’attention érigées dans le capitalisme triomphant, préférer faire attention ensemble et devenir auteur de sa vie. 

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S’il revient à chacun de pouvoir être en état hypnotique naturellement et spontanément, « faire de l’hypnose » relèverait toujours d’un acte intentionnel et relationnel. Cette technique a une histoire avec des manifestations et des interprétations très diverses, selon les époques et les aires culturelles. Construite à partir de l’observation de cas concrets, elle puise aussi bien dans le chamanisme, la psychologie expérimentale que les traditions méditatives. Aujourd’hui, la pratique hypnotique la plus répandue est celle issue des travaux du psychiatre américain Milton Erickson qui a proposé, à partir des années 1950, une nouvelle approche thérapeutique relationnelle, centrée sur une bienveillante liberté de choix de la part du sujet, avec une forte dimension pédagogique. Ces travaux pionniers ont pu stimuler, en France, des approches comme celle de Léon Chertok et de François Roustang qui tous deux s’accordent sur le fait qu’on ne peut pas réduire l’hypnose à un mode d’emploi mais qu’il s’agit d’un outil efficace pour modifier des ressources insoupçonnées. Loin d’être un instrument de dépossession de ses facultés de jugement ou d’action, cette technique renouvelée offre, tout au contraire, de multiples possibilités de transformation. Elle permet de créer et de construire, par des gestes d’attention simples mais soigneusement orchestrés, une relation à soi, à son environnement et aux autres, des plus émancipatrice. La chorégraphe Catherine Contour explore ce versant inventif pour élaborer ce qu’elle appelle « l’outil hypnotique ». 

Jérôme Delormas « Catherine Contour la buissonnière » dans « Une plongée avec Catherine Contour – Créer avec l’outil hypnotique, édition Naïca, 2017.

Ressources

Artistes et enseignants-chercheurs

Nina Santes, Lou Abramovici (danse) et ponctuellement : Myriam Gourfink, Jennifer Lacey, Loïc Touzé, Laurent Pichaud
Patrick Najean (électro-acoustique), Lambert Colson (cornemuses, cornet muet)

Depuis 2016, une équipe s’est constituée au sein des Bains:
Alexandre Da Silva, Sonia Delbost-Henry, Marie Fonte, Marie Lise Naud, Marie Papon, Jonathan Schatz (danse), rejoints en 2020 par Katia Petrowick
Bertrand Gauguet (saxophone alto et son), Anne-Laure Pigache (voix)
Loren Capelli (tracés), Mathieu Bouvier, Niels Najean (film, photo)

Anne Boissière – Professeure à l’université de Lille en esthétique et philosophie de l’art (département arts), membre du Centre d’Etude des Arts Contemporains qu’elle a dirigé de 2008 à 2012.
Julie Perrin – Maître de conférence au département danse de l’université Paris 8 Saint-Denis et membre du laboratoire Discours et Pratiques en Danse.
Pascal Rousseau – Professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, commissaire d’expositions « Sous influence. Résurgences de l’hypnose dans l’art contemporain » (2006) et « Cosa mentale. Les imaginaires de la télépathie dans l’art du XXe siècle » (Centre Pompidou Metz, 2015). Ponctuellement :
Romain Bigé – Agrégé de philosophie et danseur
Céline Eidenbenz – Historienne de l’art, directrice du musée d’art du Valais à Sion
Hervé Brunon – Historien des jardins et du paysage, directeur de recherche au CNRS (Centre André Chastel, Paris)

Partenaires

L’association 40Neuf est accompagnée par des partenaires qui soutiennent la recherche de différentes manières, dans la durée ou ponctuellement.
DGCA (Paris), DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, Conseil Général de l’Isère, Ville de Grenoble, Gaité lyrique (Paris), Fondation Royaumont, Le Pacifique-CDCN de Grenoble, CCN puis CCN2 de Grenoble, CCN de Caen, Musée de la chasse & de la nature (Paris), Musée d’art de Sion (Suisse), Prohelvetia, Dôme Théâtre à Albertville, Institut Français de Paris et Ville de Grenoble (pour un séjour au Japon en 2018), Sanctuaire de Dazaifu (Japon), Fondation Martell (Cognac), Lam–Musée d’art moderne et d’art brut à Villeneuve d’Ascq, Lieues (Lyon), Saint Pierre (Beaumont-en-Diois), Honolulu (Nantes).
En 2021 : Grand théâtre de Grenoble, L’Esssieu du Batût (Lozère), Ramdam (Rillieux-la-pape), Musée des arts de Nantes, Sanctuaire de Dazaifu (Japon).
Catherine Contour a bénéficié de ‘Aide à la recherche et au patrimoine du Centre national de la danse (2010-11), du programme Hors les murs Institut français (2014).

Pour accueillir une session du laboratoire