Témoignage de Jean-Paul Thibeau

Témoignage de Jean-Paul Thibeau

Jean-Paul Thibeau, témoin invité durant la première semaine dans le dispositif eau, laisse une "boite à outil" comprenant un texte, une courte série de diapositives et un plen-séquence film à trois vitesses différentes.

 

Jean-Paul Thibeau
Témoignage du mardi 27 novembre au samedi 1er décembre 2001,
dans le cadre de
Catherine Contour : autoportrait à la Criée de Rennes.
1ère semaine : dispositif eau.

 

Matériel de témoignages :
• matériel visuel
- quelques tirages photographiques.
- quelques diapositives.
- des enregistrements vidéographiques (dont un prélèvement :  séquence entre cinq minutes et un quart d’heure / soirée 1/12/2001)
• texte

 

Texte  (reprise de notes / écritures après coup le 27/12/2001)

 

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Par la présente j’affirme avoir vu Catherine Contour , artiste chorégraphe,  se préparer physiquement et mentalement pour faire devant différentes assistances : la déguisée, la transformée, la clown,  la bouffonne, la paillasse, la pitre, l’idiote, l’enfant espiègle, la femme burlesque, la poupée tragi-comique...en enveloppant et développant des gestes et des actions cocasses, burlesques, comiques, désopilants, drôles, gais, risibles, grotesques, absurdes, imbéciles , insensés, ridicules, maladroits, tendus, inquiétants ...en batifolant, badinant, folâtrant, mimant, parodiant, pastichant, simulant, singeant, balbutiant, chutant, glissant, posant, reposant, se modifiant, se transformant, par moult préliminaires et égarements feints...se masquant, se camouflant, se déguisant, se fardant, se travestissant, se métamorphosant ...régressant, se repliant sur des postures, puis bondissant dans des enfantillages, dans des gestes puérils, puis dégageant un corps insolent et érotique, puis voilant le tout dans un silence poétique et concluant sur un «voilà, je crois que ce sera tout pour aujourd’hui....»
...face et parmi un public qui fut tour à tour surpris, décontenancé, penaud,embarrassé, intimidé, irrité, réjouis,  troublé, désoeuvré, désolé, consterné, amusé, circonspect...dans l’attente, à l’affût de ce qui se passe devant lui,  parmi les choses et les autres...dans des entrelacs de décalages, de décrochages, dans des  jeux de corps et de décors - à la place des tréteaux: une piscine, de l’eau, des bottes ..

 

2---------------------
Travail sur l’écriture du témoin, sur la matière écrite. Que dit le témoin, d’où écrit-il ?
Il ne regarde ni photo, ni vidéo : il reconsidère les notes, les énonciations égrenées au fil des pages d’un bloc-notes...Il se laisse porter par ces prises de notes et laisse ressurgir des images, des impressions, des silences.

 

Premièrement - retour sur le «Portraits de l'artiste en Saltimbanque» de Jean Starobinski à la page six, où il est question du  double grimaçant: :

 

« L'élection d'un pareil thème s'explique imparfaitement par le seul attrait visuel que pouvait exercer le bariolage des tréteaux, comme une tache claire dans la grisaille d'une époque cendreuse. A ce plaisir de l'oeil se joint un penchant d'un autre ordre, un lien psychologique qui fait éprouver à l'artiste moderne je ne sais quel sentiment de connivence nostalgique avec le microcosme de la parade et de la féerie élémentaire. Il faut aller, dans la plupart des cas, jusqu'à parler d'une forme singulière d'identification. L'on s'aperçoit en effet que le choix de l'image du clown n'est pas seulement l'élection d'un motif pictural ou poétique, mais une façon détournée et parodique de poser la question de l'art. Depuis le romantisme (mais non certes sans quelque prodrome), le bouffon, le saltimbanque et le clown ont été les images hyperboliques et volontairement déformantes  que les artistes se sont plu à donner d'eux-mêmes et de la condition de l'art. »

 

Deuxièmement - le témoin oubli la précédente citation et se pose la question suivante :
Que fabrique Catherine Contour ?
Le témoin : elle pose quelque chose d’obscène devant chacun de nous - elle se transforme,  se disloque, se défigure, change d’épaisseur, de consistance,  sa présence se modifie. Elle flotte, fait mine de ...trébuche... poupée grotesque...créature comico-poétique.
Devant nous, à travers les jeux de masques, elle s’impose la question de l’ego et de sa misère .
Elle joue et danse, se grime, fait l’enfant, mais le corps de femme n’échappe à personne...un corps de chair qui soutient les jeux de l’enfance, des pitreries où transpirent les prémices de l’érotisme et un rien de candeur mêlé d’un soupçon de cruauté.
Ne pas oublier les bottes.
Un spectateur glisse, dérape dans la piscine: éclaboussures.
Que fabrique Catherine Contour ?
Que regarde-t-elle derrière les trous de ses masques successifs ?
Saynètes après saynètes, improvisations après improvisations :  que ressent-elle attifée, accoutrée,  postichée, revêtue, survêtue, sur sa peau, dans ses os, dans ses glandes, sous la peau, en chair ? L’eau ruisselle dans les interstices.
La serpillière passe entre deux ”mises en jeu”.
Entre temps, attentive et ouverte, elle accueille les visiteurs désireux d’explications.

 

Le témoin ressent le féminin et l’enfant comme étant des altérités  qui se voilent et se dévoilent, se jouent, se rejouent, se déjouent :
-le témoin peut-il être une femme comme les autres ?
-le témoin peut-il être une enfant comme les autres ?

 

3 ---------------------
Quelle est la fabrication de Catherine Contour ?
Comment être témoin ?
En état de corps caricaturé, Catherine glisse d’un état à un autre.
Elle se déplace, se décale, elle danse à la manière de ... A la manière de quelqu’un qui danse sans vouloir vraiment danser ou plutôt qui voudrait oublier la danse, le pas de danse - mais la manière subsiste, reste donc un maniérisme.
Soit il s’agit du reliquat des “leçons” ?
Soit il s’agit peut-être d’une tendance à caricaturer l’art contemporain, en tentant de pasticher la danse actuelle ?

 

Que fabrique Catherine Contour ?
Le témoin peut-il être un témoin comme les autres ?
Dans la «traversée» des corps que fabrique et collectionne Catherine pour composer un auto-portrait, il est parfois difficile de saisir la limite entre le déguisement comme manière de disparaître et la fabrication d’un corps comme «apparaître», comme «représentation».
Se transformer devant les autres, se grimer, s’accoutrer, se déguiser, se costumer, se caricaturer,
se laisser percevoir devant les autres : qui est  objet ? Qui est sujet ?

 

S’apercevoir, se voir, se «dé-voir», disparaître à nouveau dans les gestes, les accessoires, les postiches. Un être féminin se dissimule pour laisser apparaître un être «critique».
Où est le miroir ?
Davantage que dans une installation artistique - où les objets, les meubles, les indices, les images, les textes assureraient leur autonomie, leur jeu d’écarts et d’analogies - l’espace de « La Criée » est organisé telle une scène et un décor à la fois. Chaque élément est un accessoire potentiel, un instrument à activer.
Comme obsédée, Catherine va et vient : elle range, ré-arrange, déplace, organise tel endroit, transporte des matériaux à tel autre, distribue des consignes - elle crée la fiction de sa propre place.
Puis elle attend.

 

Petit à petit le public entre, se répartit dans l’espace, se positionne.
Il se pose suivant les indications ou les suggestions de Catherine (avec sa voix calme et douce).
Elle relâche ses épaules, tire légèrement sa tête en arrière, arrange son chignon qui dénude simplement sa nuque et éclaire son visage et ses yeux.
Elle oriente un miroir, de trois-quart, face au plus grand nombre des spectateurs.
Face au miroir elle semble interroger son visage, le miroir est un ciel que son regard traverse.
Le public à pu lire avant, sur un mur, écrit au feutre noir sur un adhésif déroulé cette phrase de Bataille:
«J’imagine la liberté d’un nuage emplissant le ciel, se faisant et se défaisant avec une rapidité sans hâte, tirant de l’inconsistant et du déchirement la puissance d’envahir...»

 

Le témoin n’oublie pas non plus les polaroïds suspendus (à un câble selon une diagonale) protégés dans des chemises plastiques transparentes. Des polaroïds ressort davantage la fabrication de visages que de corps, les inquiétantes déformations laissent planer un doute meurtris ou meurtriers? Quels visages et quels corps Catherine compose et décompose-t’elle?

 

4 ---------------------
Mais de quel témoin s’agit-il ? Qu’il raconte ce qu’il a vu ! Qu’il nous fasse témoins à notre tour par secondarité !
Mais qu’a-t-il perçu ce «n’a qu’un oeil de libre tandis que l’autre est caméra » au lieu de nous bassiner avec ses interrogations et ses tergiversations!

 

Le témoin : c’est que justement j’étais un témoin cherchant à voir et percevoir, immergé dans l’ensemble du dispositif, dans son avant, dans son pendant, dans son après, mais aussi dans ce que je connais de Catherine Contour de ses activités, de ses volontés...
Impossible pour ce témoins-là d’être un simple observateur (un anthropologue sans hâte d’une auto-portraiturée).
Impossible d’être le modeste chroniqueur des agissements changeant et grotesques de l’artiste chorégraphe.

 

Non  - j’ai essayé de me laisser traverser par des bruissements de visages et de corps,  par les frôlements des secondes, des minutes, des heures -  assigné que j’étais à l’injonction d’être-là, dans une présence fluide, pour percevoir les préparatifs, les glissements, les ouvertures, les accélérations, les ralentis, les immobilisations, les silences, les chuintements, les respirations, les interrogations du corps de Catherine Contour au milieu de ses métamorphoses, entre les instruments, les matériaux, les accessoires, et entre les corps et les regards des autres.

 

Que fabrique Catherine Contour ?
Je ne suis pas sûr que le terme improvisation soit adapté, je pencherais plutôt pour des «échappées»...
J’ai vu et revu l’artiste - avec une volonté de maîtrise -  arracher à son dispositif spatial des agencements pouvant aller du décor, à l’étalagisme de boutique, de la salle d’attente au salon de détente, de l’espace d’animation à l’espace didactique.
Avec cette partition fondatrice de deux lieux spécifiques:
- à gauche en entrant dans la Criée,  la piscine,
- à droite, l’espace à moduler avec ses divers éléments de décors, ses accessoires, ses traces, ses documents, rien n’étant dissimulé, tout se passant sous le regard du visiteur entre les moments de rendez-vous et sous les yeux du public au moment des “mises en jeu” .

 

Oui l’ensemble du dispositif était passé au peigne fin du désir et de la volonté de Catherine : nous pourrions presque avoir le sentiment d’être pris en otage dans ce dispositif-là !
Nous voici dans une élongation narcissique de la durée, dans la spectacularisation du temps et des moyens!
Tout d’un coup Catherine dans cet académisme moderne des contraintes arbitraires - par devers elle, en elle, à côté d’elle, entre elle et nous (pauvres yeux abouchés à ces successions de masques ) - laissait échapper  de la candeur, du grotesque, du poétique, de l’insolence, de l’érotisme, de la sauvagerie et une once de courtoisie!
Quelque chose qui s’échappait tout autant de l’enfance, que de la mort, qui tenait tout autant du sexe que du sourire des anges (du peu qu’il en reste), bref tous ces ingrédients fabriquaient des instants durant lesquels nous éprouvions ce sentiment fugitif que nous étions frôlés par la grâce de l’art...

 

Un corps mobile qui cherche d’autres corps, un visage mouvant qui cherche d’autres visages. L’autoportrait paraît impossible dans ses données classiques...il faut chevaucher l’impermanence.

 

5 ---------------------
Donc il y a la piscine avec ses fauteuils flottants et la salle à moduler avec son échafaudage multifonction, la diagonale des polaroids suspendus + une cagoule + une tenue transparente ,
le portique à tenues de scène, une table ronde avec polaroïds sous plaque de verre , des sièges de Matalie Crasset, un alignement de casque audio, deux vidéos projecteurs (présentant soit des sélection de films de Catherine, soit des petits films sur son travail), un moniteur vidéo dans lequel repassent de temps en temps les vidéos que j’ai réalisées la veille ou dans la journée pendant les “mises en jeu”.
Que fabrique Catherine ?
Il me semble percevoir sous l’activité de rangement, de préparation de Catherine, de l’inquiétude, de l’hésitation...Le témoin a l’impression d’assister à un questionnement fragile de la dé-construction / reconstruction de l’image d’un être.
La majeure partie des “mises en jeu”, je l’ai passée à me «faire petit» parmi l’assistance, l’oeil rivé derrière mon caméscope ou mon appareil photographique, à essayer de saisir à la fois les “métamorphoses” de Catherine et les relations fugitives entre elle et des spectateurs. Ma vue est en Hi 8...

 

6 ---------------------

mardi 27 novembre
Je regarde Catherine agir, préparer l’espace.
Dans la piscine elle déploie des couvertures de survie qu’elle laisse flotter sur l’eau, elle joue avec, en leur donnant des formes et des volumes variés.
Elle teste, écoute un morceau de JS Bach.
Elle déambule dans le décor, elle semble faire des repérages, les gestes sont des actes en cours de scénographie.
Une cocotte-minute chuinte, souffle, siffle.
Préparation des lumières (éclairage de théâtre).
Diffusion sonore d’une émission dans laquelle Godard parle de l’auto-portrait.
“Mise en jeu” avec la vapeur (je filme).
La piscine est utilisée comme une scène (je filme).

 

Je fais le moins de commentaires possible, j’éviterai tout au long de mon séjour dans son dispositif et dans ses “mises en jeu”, de faire des commentaires, des remarques sur ce qui se passe, autant que faire se peut : je désire, d’une part être le plus discret possible et d’autre part être témoins auprès de Catherine par ma simple présence. Que ma présence soit légère mais qu’elle soit une matière réelle aussi pour l’artiste, et que je ne galvaude pas cette “état de présence” par des bavardages et commentaires incessants, où à chauds...Il y a un témoin qui voit, perçoit mais dont on ignore le perçu, qui donne une tenue et une densité à son silence.

 

A mon avis le silence du témoins est primordial : un silence bien pesé fait que la bouche s’ouvre sur l’attention la plus tendue et la phrase qui s’énonce devient un acte, une ouverture sur un je-ne-sais-quoi...

 

Chantal Delsol, dans  «Éloge de la singularité», parle entre autre de la figure du témoin  :
« L’homme ne devient sujet que comme otage et témoin des valeurs qu’il a lui-même désignées. Il ne les concrétise dans l’existence qu’en s’en portant garant, au prix de soi. (...)Le témoin est celui dont la vie et la pensée ne sont pas séparables. Il vit ses mots comme on respire une atmosphère. C’est bien pourquoi il conseille peu et ne pontifie pas. Car il sait le poids des mots, qui ne sont pas pour lui des guirlandes de fête, visant à embellir l’apparence, mais des choses lestées.(...)Le sujet authentique est celui qui laisse sur le monde la trace épaisse de ses paroles devenues des actes. Dont les actes sont comme les pas du marcheur sur le sable humide, lourds et profonds. Le sujet signe sa présence dans la réalité. »

mercredi 28 novembre
Parfois une posture de metteur-en-scène démiurge :  Catherine veut que cela soit comme ceci et pas autrement, comme une première fois, comme si rien n’avait existé  avant, un ex-nihilo.
Parfois une posture de dilettante : des gestes faits pour être à peine vus, pour être oubliés,  d’autres pour être revisités, mis en mémoire.
Parfois réincursion dans l’enfance, le rejeu entre naïveté, régression, fraÎcheur et ridicule.
La proximité, le frôlement, parfois le toucher rend l’attention vigilante, prudente, anxieuse.

 

Préparation physique : capter visage et mains... la peau, le grain de la peau... le pull, la texture de la laine... ralenti, flou, esquisse de geste, une forme hésitante...
L’espace scénographique est ouvert... un corps promène des gestes, dépose des actes.
Le témoin : Il m’a fallu régulièrement me détacher de cette impression de familiarité (liée à mes propres expérimentations et performances où celles partagées avec d’autres)... rouvrir les yeux.
Le public : tranquille, déambule, regarde, écoute, observe.
Traversée des images : jeux de jambes et de pieds... au-dessus des troncs, des bras, des têtes happées par les images.
Catherine Contour continue la préparation au vu et au su de tous.
“Mise en jeu”: vapeur.
Et un corps qui se recouvre, se sur-couvre, se déforme, devient grotesque.
Blanche Neige et souillon, enfance revue par une pitre... mise en suspend du poétique drolatique... extension des temps, des gestes... explorations des corps, mis à mal des contes et des rêves.

 

jeudi 29 novembre
Préparation / action / rangement.
Les masques autorisent le porteur-de-masque à d’innombrables facéties : il avance masqué et autre, et encore autre, et encore autre... face aux autres, sans face à face, mais masque contre face.

 

Catherine s’installe dans la durée, elle prend le temps de se transformer, des accessoires, des gestes
s’autorise des poses d’écoute, elle attend, scrute... Elle marque le temps, comme on marque un territoire... son auto-portrait est autant du temps, que des mimiques, que des absences.
L’auto-portrait est tentative de défaire l’identité, de rejouer les temps.
Corps-metteur-en-scène, corps aménageur, corps dansant, corps clownesque, corps-temps, corps eau, corps bougie, corps son, corps image, corps cri, corps en chute dans la ballade des masques et des accoutrements.
Vaste appareillage de sensations,  de mouvements, d’images.
Boîte à outils pour portraiturer l’autoportrait de C.C., cé majuscule point cé majuscule point ...
Le témoin : suis-je témoin ou miroir ?
Témoin qui témoigne avec le moignon de la mémoire et des trognons de phrases.
Dans l’autoportrait il n’y  a jamais de témoin réel, il y a des figures en carnaval, des saltimbanques qui festoient, des aveugles qui trébuchent, des sourds qui hurlent, des spectateurs en costume de visiteurs.
Dans l’autoportrait il y a l’obscène et le grotesque, c’est une écriture de grimaces jamais une écriture de soi - car l’autoportrait s’écrit dans un rapport caricatural de soi aux autres, alors que l’écriture de soi s’écrit avec le langage des autres, dans un rapport d’altérité, sans dramaturgie...
Et moi, témoin, j’accompagne la ribambelle des personnages qui défilent, et le défilé tranquille et absorbé des visiteurs en tenue de voyeur qui attendent... la débauche tragi-comique de l’artiste chorégraphe. Nous sommes dans la “présentation” d’une “représentation”... où chacun se soucie de sa place et de sa présence momentanée.

 

vendredi 30 novembre :
Les personnes, celles qui ont réservées, se mettent des bottes ou pieds-nus et prennent place dans les fauteuils gonflables qui flottent... ils s’installent dans une attente décontractée ...
Que fabrique Catherine ?

 

Catherine prend le temps de disposer les choses, masques, lampes, perruques ...
Elle se prépare calmement devant le public... face au miroir elle modèle un corps comique...
Elle s’assied sur le bord du parapet de la piscine, derrière son masque elle pose un long regard sur l’assistance.

 

Elle remplit un seau d’eau, vide un flacon de liquide vaisselle à l’intérieur, se déplace au milieu des gens avec son seau, s’arrête, fait mousser avec sa main le contenu du seau, joue avec la mousse...
Les gens regardent d’un air intrigué et amusé.
A quatre pattes avec les bottes.
Danse sur “ti amo”.
Vide l’eau des bottes.
Elle se met une perruque et change de masque : elle superpose un masque de protection en tissu blanc, sur un masque de mickey,  sur un masque de zèbre.
Et elle enchaîne, combine pantomimes, clowneries, gestes improvisés, glissades.
Successions d’instantanés, d’images ... des polaroïds en mouvements.
Frédéric Nogray est derrière un clavier à côté du miroir, il distille discrètement des matières sonores.

 

Samedi 1er décembre
• Je dispose sur le rebord de la piscine:
-sur une petite table lumineuse,  8 diapositives - entrer comme par effraction dans une séquence de geste... à travers les diapos apparaît l’idée d’une poupée ou de marionnette...
- à même le support, 7 photographies - pitrerie / tragi-comédie - la piscine - construction d’un espace ludique pour traversée de personnages grotesques... jouant sur le ratage, le malhabile, la maladresse, le comique ...
• Je laisse défiler dans un moniteur vidéo les prises de vues des jours précédents...