PREMIèRE VISITE

PREMIèRE VISITE

 PREMIèRE VISITE

 

Je suis bien contente d'entrer dans ce nouveau lieu !

Cela tombe à pic, des racines ailleurs qu'à Paris où je n'ai pas de sentiment d'appartenance fort.

Je cherche déjà un bon terreau à Porto et je vais tester la terre aussi dans ce coin. Le coup du noyau d'avocat ? Demander au type du coin que j'ai vu dans le sentier ?

 

Où vais-je planter mon bureau, ensevellir mon ordi ?

 

J'ai bien fait de venir, j'en suis certaine. C'est agréable ce vent, ne rien faire..

 

Une femme libre, une femme le nez au vent, une femme hors du temps, une femme qui n'est plus dans le présent, une femme hors de la banalité quotidienne de la ville contemporaine, une femme contente pour rien, une femme loin du studio, une femme sans ordi, une femme qui a entérré son ordi, dans un coup de folie, une femme qui ne travaille pas, plus, folle, une femme oisive ?, une femme utopique, une révolutionnaire, une femme moderne, une femmejusque boutiste, une femme post-moderne, une femme contemporaine, une femme contente pour un rien.

 

 

VILLE = MONDE = ETAT DE MOBILISATION PERMANENT

 

Peut-être que cet état de mobilisation permanent à des effets pervers ? Les grandes villes dressent, tracassent et édulcorent. Les situations de vitesses sont très belles, très clinquantes à Paris, mais cette ville de l'ornement par excellence absorbe trop souvent mon rythme créateur. Marre de subir la modulation pendulaire simpliste des autres : travail effréné/ week-end loque. J'ajoute qu'en terme amoureux j'ai donné dans la half girl/ half woman. Bref, perso ( accent Sex and the City de la femme-gay), je nage souvent à contre-courant. C'est drôle à voir, mais fatiguant !

 

L'idée serait donc de ne pas habiter seulement à Paris !

 

Cette habitation est pour le coup étrange ! On dirait une cabane transparente.

 

 J' habite Maison Contour

 

Un bol d'air frais, voilà ce dont j'ai besoin ! Aller dans la nature ? Je vois les théoriciens, les adeptes du voir, venir : La nature, c'est finit ma petite !!! Eh bien, venez, retrouvez-moi dans ces haies, ces talus, ces près, ces collines, ces montagnes, ces herbes folles...

 

Une femme qui danse dans la nature. Une femme à fond des surfaces : des écorses, de la terre, de la neige. Le sens tactile-kinesthésique est stimulé, perception en volume se lèchent les babines. Après une semaine de résidence à Dansen Hus, la maison de la danse de Oslo, Norvèhe,, j'ai eu la chance d'aller en montagne, dans le Grand Nord. Quel plaisir quand même de glisser sur cette surface infinie de neige ! Toujours sur le qui-vive j'anticipe les variations de la pente seule.

 

Travel, travel, travel

A fond dans le grand vide, le bruit blanc quasi autistique des montagnes. Ce calme si profond me connecte directement à mon intériorité. Cette grande faille qui s'ouvre Dehors s'ouvre symétriquement Dedans moi.

Sensation risquée et risquante ! Je me sens vivante, emportée dans un grand mouvement émotionnel difficile à contrôler.

 

 J'ai toujours pensé qu'avoir vécu en montagne ou près de la mer pendant l'enfance constituait un gros avantage pour le métier de danseur ou de chorégraphe ! L'irrégularité des surfaces sont bienvenues pour le pied ! Les conditions climatiques difficiles nécessitent de la préparation, une certaine rigueur pour entrer dans le temps de la sensation. La mer ou la montagne se sont des insulations romantiques qui demandent un effort. Les parcourir subtilement nécessite la mise en place de petites techniques topologiques. La météo, le sonnard du voilier, les cartes, les instruments de mesure représentent pour moi le calcul : des surfaces, des ordres de grandeur. La multiplication des opérations de calcul. Calculation ET une faille subjective forte. Exactement comme la logique propre d'un spectacle.

 

Nigel Thrift :

Civilization advances by extending the number of operations which we can perform without thinking about them</span>, (A. N. Whitehead 1911, cited in Myers 2002: 17)

 

Dans la pièce Komposition, quatres filles passent 20 minutes à se caresser le visage, les vêtements ( tenue d'escrime). Je pense souvent à ces caresses comme le sommet du minimalisme froid! Mais ce qui est drôle c'est que l'action demeure chargée de subjectivité même si on la vide. Bruno fait passer la lumière du city blue très froid à un rouge bizzarement chaud car il est mixé à du vert. Les caresses ( différentes) de toutes ces surfaces ( cheveux, vêtements, le lisse, le pileux) désacralise le geste et nous composons un paysage.

 

Marianne